jeudi 26 février 2026

Très gonflé de lui-même,
Pétri de certitudes,
Il se sent phénomène
Dans toute son attitude ;
 
Jouant les mystérieux
Profond et spirituel,
Il se croit demi-dieu
Se prenant en modèle…
 
Mais un jour au hasard
Il est pris sur le fait :
Il n’a aucun pouvoir
Et n’est rien qu’un benêt ;
 
Quand tombe la forteresse
On devient le témoin
De toute ses faiblesses :
Il fait moins le malin…
 
L’histoire ne dit jamais
S’il retient la leçon :
Il change de sujet
Et reprend position,
 
S’éloignant discrètement
Pour ne plus nous revoir,
Et cherche d’autres gens
A tordre ou émouvoir…
Ceci est la réalité
- Pas un rêve ni un cauchemar -
 
Les lumières allumées
Brillent dans ton regard
 
Tu es bien réveillée
- Et il n’est même pas tard -
 
Ceci est la réalité
Et deviendra l’histoire
 
(Qui sera racontée
En suivant la mémoire…)
 
Tu aurais préféré
Un rêve (même un cauchemar)
 
Et qu’un bruit familier
Te réveille au hasard
 
Tu continues de jouer
Dans l’attente de savoir
 
Mais c’est la réalité
Et puis tu gardes espoir :
 
Le monde peut changer
Il n’est jamais trop tard.
Le temps passe
Les cheveux poussent
- J’aurais envie de les couper –
 
Et je rêvasse
Et je repousse
Le moment de les démêler
 
La vie m’angoisse
Je lève le pouce
J’aurais envie de tout stopper
 
Mais le temps passe
Les cheveux poussent
- J’aurais envie de les couper -
 
Sous la cuirasse
Je me fais douce
N’essayez pas d’imaginer
 
La vie m’angoisse
Je lève le pouce
Mais je continue d’avancer
 
Et le temps passe
Les cheveux poussent
- Je prends le temps de profiter -
 
Garde un soleil en toi
Petit printemps à conserver
Pour quand tu ne crois pas
Ou quand tu perds la volonté ;

Garde une fleur en toi
Qui sourira sous la gelée 
Et entretiendra la joie
Quand tu n'arriveras plus à lutter ;

Garde un mot doux
Garde un sourire
Pour les jours flous
Et sans désir :

Toujours un feu sous la gelée 
Une lumière qui reste allumée.

mercredi 25 février 2026

J’ai la nature pour seule église
Le soleil est ma religion
 
J’ai le langage de la franchise
Et parle avec mes émotions
 
Je vais pieds nus sur tous les sols
Sans aucune peur de me blesser
 
Car la rue est mon école
Et l’on apprend de la dureté
 
Mon âme libre suit les vents
Jusqu’aux tempêtes qui l’égarent
 
Mais se relève rapidement
A la poursuite du hasard
 
Mes pieds marchent derrière
Mes yeux voient loin devant
 
Ainsi j'apprends l’univers
Du dehors jusqu’au dedans.
J’irai
Là où les fleurs survivent
A toutes les saisons
 
Je vivrai
Comme une primitive
Sans me poser de questions
 
En secret
Mais une vie explosive
Et pleine de passions
 
J’irai
Redevenir naïve
Loin de la civilisation.
 
Drapées d’un voile de lumière
Les fées circulent parmi nous ;
Elles modifient l’atmosphère
Et leur passage crée des remous…
 
Des fleurs de joie naissent
Dans l’âme de qui les croise :
Comme une deuxième jeunesse
Qui les met en extase.
 
J’en ai vu une ce matin,
Je lui ai dit Bonjour ;
Elle m’a touché la main
En donnant tant d’amour…
 
Hissée jusqu’au soleil
J’ai été transportée
Devant toutes les merveilles
Qu’elle m’a révélées,
 
Avec l’envie de propager
Ce bonheur aux alentours
Et de le partager
Avec le même amour !
 

mardi 24 février 2026

Les choses qui durent
Sont faites avec amour
- Gravées comme dans la pierre -
 
Semblables à des sculptures
Et l’on construit autour
- Un complet univers -
 
Elles résistent aux vents
Et aux plus forts orages
- Ainsi qu’à la sécheresse -
 
S’adaptant aux changements,
A tous les paysages
- Avec belle sagesse -
 
Les choses qui durent
Sont faites avec amour
- Souvenons-nous de ça -
 
Même une simple structure
Pourrait durer toujours
- Et briller sans éclat -
 
Je me promène autour du temps,
Comptant les jours et les moments,
 
Sans bien voir l’évolution
De toutes les strates en formation…
 
Comme tout est loin déjà :
 
Le passé sous les gravas
S’entasse à mesure des souvenirs ;
 
Et le présent croule sous le poids de l’avenir.
 
Je me sens lasse sous l’horloge,
Je réfléchis, je m’interroge :
 
Où va le temps qui est passé,
Est-il perdu dans l’éternité ?
 
Où est le temps qui nous attend,
Est-il bloqué en mouvement ?
 
Le présent n’est qu’une seconde, une minute,
A peine finie qu’elle débute
 
- Et dont on ne voit jamais la fin –
 
Je peine à saisir l’instant : celui-là ou le prochain ;
 
J’ai peur de le rater comme on rate les trains.

lundi 23 février 2026

Son cœur battait à contre-vent
Au milieu des dunes du désert ;
 
Son corps, comme un avertissement,
Dans une position militaire…
 
Elle ne voulait pas attendre
- Qu’on l’autorise -
 
Elle irait seule apprendre
- Quoi qu’on lui dise -
 
Sans doute avait-elle peur
- De se perdre, de se briser -
 
(Et il y avait des spectateurs
Prêts à la voir échouer)
 
Mais elle irait, quoi qu’il arrive,
(Surtout sans jamais revenir)
 
Elle était ferme et définitive :
De là dépendait son avenir.
 
Restes de festivités 
Où le bonheur a été,
Fanions qui volent au vent,
Prennent la poussière du temps ;

Décolorés, mais toujours là, 
Témoins peut-être d'autres fois
Où le bonheur a résisté 
Malgré tout le temps écoulé...

Témoins peut-être de tristesses,
Suspendus au fil qui s'affaisse
D'où ils n'ont pas pu égayer 
Même les jours anesthésiés ;

Et pourtant, toujours là,
Comme un vieux reste de joie
Dont on voulait se souvenir
Après que soient passés les rires.

vendredi 20 février 2026

 La vie n'est pas facile 
Pour une femme :
Tu dois te défendre avec style
Et sans état d'âme.

Si seulement tu laisses ouvert
- Même un tout petit accès -
Un homme viendra, tout fier,
En grand sauveur à ton chevet.

Tu n'as pas besoin de lui
Pour savoir où tu vas,
Il peut te tenir compagnie
- Mais aucun ordre ne donnera -

Ceux qui ne savent quoi faire
Et qui n'écoutent pas
Devront faire marche arrière 
Avant de devenir un poids.

Tu verras comme tu réussis 
- Même seule et sans alliés -
A fendre tes ennemis 
En gardant toute dignité.


jeudi 19 février 2026

Le vent que les mystères agitent
Me fait tanguer comme un bateau,
Je suis poussée hors de mes limites
- Plongée dans un terrible chaos -
 
J’irai jusqu’à m’envoler peut-être
- Mais je tiens bon et je tiens fort -
Je veille à ne pas disparaître,
Dans un terrible et grand effort.
 
Le vent s’arrête - les mystères restent -
Tout devient calme et enfin clair ;
Je me sens presque chevaleresque
Malgré l’étrange et terrible atmosphère.
 
Une lueur dans un coin apparaît,
- Je me sens moins perdue tout à coup -
J’irai grimper jusqu’au sommet,
Là où le temps sera plus doux.
 
De là haut le brouillard sera levé :
J’aurais meilleure prise et meilleure vue
Sur tous les mystères enfin révélés
Dont je verrai le contenu.
 
Les tempêtes ouvrent le désordre,
Mais offrent une visibilité
Sur tout ce qu’on doit remettre en ordre,
Et ces choses qu’il nous faut dompter.