vendredi 31 octobre 2025

Immobile comme une statue de marbre,
Restant accroché à tes fêlures,
Faisant porter aux autres la blessure...
 
Mais ce n'est pas comme ça que l'on avance.
 
Il faut se détacher du socle,
Briser le marbre, libérer les blessures.
 
Mettre les pieds en chemin, et porter le poids avec tes propres mains.
 
Immobile n'est pas un bon destin.
 
A trop marcher, on peut se perdre, certes...
Mais je préfère être perdue que rester où j'étais.
 
Et il vaut mieux être libre qu'enfermé dans la pierre.
 
Chacun choisit ce qu'il fait comme il le préfère,
Mais rester dans le marbre, c'est aussi toi qui le décide.
 
Deux flammes perdues
S'approchant l'une de l'autre,
 
- Émues à se reconnaitre -
 
Grandissent chacune
Par la chaleur de l'autre,
 
- Étonnées de renaître -
 
Éclairant tout à coup
- Plus fort -
Les ténèbres alentour...
 
Deux flammes retrouvées
Au milieu du grand chaos,
 
Se rapprochent
Jusqu'à se fondre l'une dans l'autre,
 
- Surprises par ce mélange -
 
Dansant,
Plus hautes que jamais
 
- Annulant l'obscurité -
- Faisant fondre le chaos -
La première respiration
Après être resté trop longtemps
Sous l’eau,
C’est celle qui te libère.
 
Tu pousses un cri
Alors,
De surprise
Ou de soulagement.
 
Enervé
- Peut-être -
D’avoir failli t’étouffer et te noyer,
 
Mais apaisé de retrouver enfin l’air libre…
 
Cette respiration-là,
Comme une vie après la presque mort :
Libération définitive.
 
Il fallait que ça arrive,
Il fallait rester sous l’eau
- Juste plus longtemps -
 
C’était nécessaire pour comprendre
Ce que signifie de respirer,
 
Et toute la vie qui t’attend
Sur la terre ferme.
 
Elle est debout sur la colline
Les cheveux emmêlés,
Le front haut et volontaire,
Le menton bien décidé…
 
Le vent et le tonnerre
Se mêlent à ses pensées ;
Elle regarde droit devant
Les ruines de ses tourments.
 
Des bruits parviennent à ses oreilles :
Les fantômes hurlent sans raison ;
Ils sont en plein éveil
Et sortent de leurs prisons.
 
En temps voulu, elle descendra
Pour aller récolter les pierres,
Et puis alors reconstruira
Une autre maison de sorcière.
A celui qui ne veut pas voir,
On montre les vérités
Une à une
 
- et prudemment -
 
La pièce aux miroirs
Reste dans la pénombre,
 
Quelques reflets
Projetés çà et là
- A la lueur d'une bougie -
 
 Les miroirs
- Chacun à son tour -
 
Renvoient en reflet
Quelques bribes du monstre,
 
Et semblent dire :
Voilà ce que tu as fait de toi.
 
Mais ils restent silencieux,
Projetant seulement des images...
 
Et le monstre
- en dedans -
 
Se voit
Pour la première fois.
 
Quelle est sa réaction
Quand il voit son visage ?
 
Nul ne saurait le prédire…
 
Mais sa rage est grande encore,
Et c'est pour ça qu'il évite les miroirs.
 
Pourtant, dans ses yeux,
- Quelques reflets humains -
 
Qui pourraient donner de l'espoir.

jeudi 30 octobre 2025

J'ai fait la grande traversée des lieux d'infinité,
Et des labyrinthes,
Où j'ai dû questionner...
 
Chaque réponse était un piège
Dans lequel il ne fallait pas tomber,
 
Toutes les questions ensemble
S'annulaient sans rien donner...
 
Comme je me sentais perdue,
J'ai tambouriné aux portes d'inconnus :
 
Leurs visages poussiéreux
Me restaient fermés.
 
J'avais peur de m'oublier.
 
J'ai trouvé la sortie sans suivre aucune des règles,
Je sais qu'ils disent que j'ai triché…
 
Mais il y avait une façon de poser les questions,
Et une autre pour déchiffrer les réponses.
 
C'était un code, connu entre eux :
Je n'ai fait que le comprendre.
 
Ils sont jaloux parce que j'ai joué sans perdre :
Je ne suis pas tombée,
Ils n'ont pas pu m'avoir.
 
Leur enfer n'était pas le mien,
Je n'étais pas faite pour y rester.
La cloche sonne
Et l'heure passe
-  Je me retourne
Et je ressasse -
 
Qu'y a-t-il, là derrière ?
Rien que tu espères…
 
Ce que tu cherches
Est droit devant.
 
Il faut marcher
 
- Alors je marche -
 
Je fais la grève
Des humains
- Ils sont sans rêves
N'apportent rien -
 
J'ai compté
Et recompté les pas
- Mais droit devant
C'était sans fin -
 
La cloche sonne
Et l'heure passe :
Je me retourne
Et je ressasse.
 
Tu as dit de marcher
Et je marche
 
- Même si c'est loin -
 
J'ai cessé
De compter
Et recompter les pas
 
Je vais continuer
- Comme ça -

mardi 28 octobre 2025

Comme entre tes doigts
L’eau qui s’écoule,
La vie s’évade et suit son cours.
 
Tu veux retenir, tu veux garder,
Mais le courant emporte tout.
 
Tu poses alors tes souvenirs,
- Tas de cailloux dans le ruisseau -
Pour faire barrage à ce qui part,
Retenir encore ce qui s’évade…
 
Mais la vie, comme l’eau,
Trouve toujours un moyen,
Et les souvenirs ne suffisent pas.
 
Tu peux en garder quelques uns,
Les autres seront éparpillés :
Hors de ta vue, et hors de toi.
 
Laisse partir, laisse vivre,
Même ce que tu voulais garder…
 
La vie, comme l’eau,
Garde trace et mémoire :
Rien de ce que tu lui donnes
Ne sera vraiment disparu.
 

lundi 27 octobre 2025

 Lentement la cigarette se consume
- Et je m’éteins -
- Et je m’allume -
 
Souffle nerveux
Dans la fumée :
Je me souviens
Pour oublier…
 
Lentement le verre se vide,
Et je me remplis d’insipide.
 
L’alcool monte
La vague descend,
Je me dépêche
Et puis j’attends…
 
Lentement l’eau s’écoule,
Et moi aussi
- Puis me relève -
 
Mes pieds avancent
Et puis s’arrêtent :
Tout recommence
Et se répète…
 
Allongée dans le lit,
A disperser les pensées
- En Fumée blanche
Et fumée bleue -
 
Je me souviens
- Pour oublier… -
Prends le temps de remercier
La Toi du passé...
 
Elle a fait des erreurs
Mais elle s’en est sortie,
 
Elle a traversé ses peurs
Pour que tu sois là aujourd’hui.
 
Sans elle rien n’aurait été possible,
Elle a vécu tout le terrible.
 
Il te reste le meilleur :
Vis en lui faisant honneur.
 
Elle a laissé entre tes mains
L’avenir comme un joli jardin,
 
Il te reste à l’entretenir
Pour la Toi de demain.
 
Que continuent les rires
Et les joyeux lendemains.
 
 
Le roi à la couronne de sable
Se croit grand mais il est misérable.
 
Enfermé dans sa tour d'ivoire
À regarder les autres s'agiter,
Il décrépit et perd espoir
Qu'on vienne un jour le chercher.
 
Il ne sait plus comment s'ouvrir
Et se tient bien verrouillé,
Sa couronne glisse entre ses doigts mouillés.
 
Un jour il comprendra
Qu'il ne peut pas s'enfermer,
Que pour vivre pleinement il faut se dépasser :
 
La peur n'est finalement rien d'autre
Qu'un vulgaire mur de papier.
 

dimanche 26 octobre 2025

Geste suspendu,
Main en l’air retenue,
 
Geste non abouti
A moitié fait,
 - En sursis -
 
Respiration bloquée,
Le cœur arrête de s’emballer,
 
Le temps qui passe :
Suspendu.
 
Tout est arrêté.
 
Et puis : retour arrière
La main se retire,
Le souffle reprend.
 
Retour arrière,
 
Comme si rien ne s’était passé.
 
Et repartir comme avant.
 Toi et moi
Contre vents et marées,
 
Tournés face à la vie
Qui nous a tant malmenés.
 
Toi et moi
Serrés l’un contre l’autre,
 
Même si les murs devaient trembler
Et le sol s’affaisser.
 
Un seul regard,
Une seule parole,
 
Tout va bien se passer
Parce que nous sommes là,
 
Toi et moi
L’un pour l’autre.
 
A se serrer les mains
A se croiser les doigts,
 
Ne jamais se lâcher
Et toujours être là.
 
Aimer, c’est grandir,
S’élever,
 
Plus haut, plus loin,
Ensemble.

samedi 25 octobre 2025

Le monde s’écroule,
Mais elle a l’habitude :
Il s’est écroulé pour elle
Plusieurs fois déjà.
 
Elle n’a plus peur des fins,
Car il y a toujours un autre début…
 
C’est un balbutiement,
Une étincelle dans la pénombre,
Une bougie qui refuse de s’éteindre…
 
C’est enfin l’occasion
De déployer ses ailes
Et voir de quoi on est capable
- Même si les flammes lèchent le ciel -
 
C’est ce qui voulait naître
Mais qui n’était pas prêt :
Une force surhumaine et inattendue.
 
Le monde s’écroule,
Mais elle a l’habitude :
Les limites n’existent plus,
N’importe quoi devient possible…
 
C’est le moment idéal
Pour réapprendre à se connaître,
Découvrir la guerrière qui attendait son tour
- Et qui s’éveille doucement -

jeudi 23 octobre 2025

 Juste un baiser sur une rose, pour te rendre un peu de ce que tu as offert :
Autant d’amour dans toute une vie, distribué à chacun d’entre nous… Et c’était bien ce qu’il nous fallait, pour grandir comme de belles plantes, devenir les personnes que nous sommes aujourd’hui.
Je voudrais tant recommencer, et te connaître à nouveau.
Me retrouver une fois de plus dans ce foyer chaleureux que vous aviez construit, et mieux profiter de toi, puis de vous deux.
Vous êtes la racine d’un arbre, et je suis l’un de ses fruits.
Une racine devenue vaillante à la force des tempêtes, et qui a conservé l’amour, toujours chaud comme des braises au fond d’une cheminée.
J’en ai reçu trop plein, je le redistribue.
Aujourd’hui la racine est retournée en terre, tu es partie le retrouver.
Et les fruits espèrent construire un aussi bel arbre que le vôtre.
C’était juste un baiser, mais c’était tout l’amour du monde.

samedi 18 octobre 2025

 Le vampire te regarde
Mais il ne te voit pas.
Il t’enferme, il te garde,
Te réduit à une proie.
 
Il s’intéresse seulement
Au sang de tes veines,
Attendant patiemment
De pouvoir te faire sienne.
 
Ses mots sont doux et miel
Pour t’emmener au ciel ;
Tu crois qu’il te donne tout
Mais ses paroles sont floues.
 
Il n'a pas mis de chaînes
Et tu te sens coincée,
Ses yeux sont un domaine
Où tu semble enfermée.
 
Ne sois pas isolée,
Ne tombe pas dans ses pièges
Il ne faut lui donner
Aucun de tes privilèges.
 
Tu peux te libérer
De son regard poisseux,
De ses mots mensongers,
De cet étrange jeu.
 
Détourne-toi de lui
S’il approche, tu fuis,
Ses yeux ne valent rien :
Ils ne sont pas humains.
 

vendredi 17 octobre 2025

 Les belles choses arrivent,
Et tu peux y croire.
 
Elles se passent
Dans un endroit de vérité :
 
Quand le cœur est ouvert
Et l’âme disponible.
 
Les belles choses arrivent,
Moments incroyables de beauté.
 
On pourrait penser
Que ce n’est que magie…
 
Pourtant :
Pas de baguette,
Pas de fée.
 
Juste toi et le bon moment :
 
Par une ouverture entière,
La lumière a pu entrer.
 
Et souvent, elle y reste...

jeudi 16 octobre 2025

 
Elle avait l’âme qui criait
Toutes ses fragilités,
Se laissant lire sans secret
Ni aucune formalité.
 
Laissant ses souvenirs
S’enfuir d’elle-même,
De cette histoire à réécrire
Qu’elle n’avait pas faite sienne…
 
Séparée de ces mystères
Couchés sur le papier,
Elle n’est plus une étrangère,
Et goûte à la liberté.
 
Se laissant enfin aller,
Elle fait couler d’autres mots,
Redéfinit son âme et sa peau :
L’amour d’elle-même retrouvé.