samedi 29 novembre 2025

Chercher le nœud
- Pour le démêler -
Marcher sur des œufs
- Mais sans les casser –
 
J’analyse, J’essaie
- J’apprends –
Avec ou sans succès
- Je comprends –
 
Je crois faire des progrès,
Mais rien n’est jamais sûr :
L’âme humaine est un sujet
D’une complexe nature…
 
Je crois démasquer l’autre
Mais découvre qu’il mentait ;
Il rejette les fautes :
Je ne sais plus ce qui est vrai.
 
Me voilà renvoyé à la case départ :
Recommencer à chercher
Les fondements de l’histoire ;
User mon cœur et ma pensée,
Douter de ma mémoire…
 
Et durant tout ce temps
Il ne se passe rien :
L’autre s’agite, impatient,
M’accusant d’être mesquin :
 
Tu poses trop de questions
Ne cherche pas à comprendre :
Écoute ma version
- La seule que tu dois prendre -
 
Dis-moi ce que tu veux
Mais je continuerai...
 
A rechercher les nœuds
- Avec ou sans succès –
A marcher sur les œufs
- Même si je les casserai -

vendredi 28 novembre 2025

Tu n'as pas besoin d'un mode d'emploi :
Seule ton intuition suffira ;
Parfois tu pourras te tromper
Mais c'est la seule façon d'évoluer.
 
Tu n'as pas besoin d'une boussole :
Tu verras les ombres au sol,
Elles diront d'où vient la lumière
Et tu sauras quoi faire.
 
Tu n'as pas besoin d'un chemin
Qui te dise où tu dois aller :
Tu resteras très serein
Et suivras l'instinct de tes pieds.
 
Tu n'as besoin que d'une seule chose :
La force de ta volonté,
Et elle te dira : Ose !
Vois jusqu'où tu peux aller.
Perdue depuis longtemps
Dans cet endroit bizarre,
S'abimant à tout instant,
Elle sent qu’elle en a marre.
                           
Depuis un bon moment
Alors elle se prépare,
À partir au gré du vent
Et larguer les amarres.
 
 Solide à chaque instant
Elle tiendra bon sa barre,
Et même sans savoir
Où mènera le courant.
 
Elle aime le hasard
Et son étrange mouvement,
Si avec elle tu pars :
Adopte les changements.
 
Ne sois jamais en retard
Et ne sois jamais lent :
Quand on va quelque part
On fonce droit devant
 
- Même avec le brouillard
Ou bien le mauvais temps -
 
Sur la berge d'où tu me vois,
Ma barque s'en va sans toi.
 
Tu pourrais me poursuivre
Mais tu ne le fais pas.
 
J'aurais aimé que tu suives
Le rythme de mes pas,
 
Et qu'à deux on s'en aille
Longuement voyager,
Grimper les hautes murailles :
Grandir en liberté.
 
J'aurais voulu rester
Mais je ne pouvais pas :
J'ai toujours désiré
Ce qui m'attend là-bas.
 
Je dois toujours bouger
C'est ainsi que je vis,
Mais tes pieds sont gelés
- Tu restes en inertie -
 
Ma barque a de la place
Tu peux m'accompagner ;
En faisant fondre la glace
Tu pourras avancer.

jeudi 27 novembre 2025

Quand le loup sortira du bois,
Il ira directement à toi :
Je lui ai dit d’aller te chercher
Et il saura où te trouver.
 
Nous avons affaire à régler,
Et seul un loup te convaincra
De venir pour me retrouver :
Je sais que tu comprendras.
 
Tu crois l’histoire terminée
Mais elle ne l’est pas pour moi,
Ainsi prépare ton épée :
J’espère que tu aimes les combats.
 
Au bord de la rivière,
Où mon loup t’emmènera,
Nous pourrons croiser le fer
Pour savoir qui gagnera.
 
Mais dépêche-toi d’arriver
Car je suis un peu pressée :
Après toi, d’autres guerriers
M’attendent pour être tués.
Femme nouvelle est mystérieuse,
Née d’une explosion malencontreuse
- Mélange de chimiste amateur
Qui a joué avec les douleurs -
 
Femme très forte à l’intérieur,
D’un trait de bras elle n’hésite pas :
Tourner le sabre de haut en bas
Pour te fait passer de vie à trépas…
 
Femme nouvelle est chaleureuse
D’une flamme douce et lumineuse
Qui brûle jusqu’à fondre les cœurs ;
 
Mais méfie-toi de sa chaleur
Qui peut t’étreindre à t’étouffer
Et te laisser le corps brûlé…
 
Elle est née toute souveraine,
Portant couronne et long manteau
- Pas de pacotilles de fête foraine -,
Ne se laisse pas aborder par les faux.
 
Si tu l’approches, sois respectueux,
Elle est farouche mais tendre au cœur :
Si tu es vrai et lumineux
Tu deviendras un grand seigneur.
 
Dans une grotte, un dragon sans trésor
Ne l'approchez pas : sinon il mord.
Je l'ai fait gardien de mes secrets
Et protecteurs de mes projets.
 
Il sort souvent la nuit
Cracher du feu sur mes ennemis :
C'est ainsi que je le nourris
- Je m'occupe très bien de lui -
 
Si par mégarde il vous arrivait
De vous perdre dans la forêt,
Vous pourriez le rencontrer
- Mais il vaudrait mieux l'éviter -
 
L'endroit entier est mon domaine
C'est là que je vis et me promène,
La faune et la flore me sont dévouées
Et ne laissent pas facilement entrer.
 
Mon dragon est un vaillant allié,
Le seul à me connaître à présent ;
Lui et moi sommes liés
Par les âmes et par le sang.
 
Il m'a appris à cracher le feu
Ainsi qu'à voler dans les cieux,
Beaucoup d’autres choses aussi
Comme tuer moi-même mes ennemis.

mercredi 26 novembre 2025

On croit qu’on se connaît
- On voudrait dire par cœur -
Mais on ne sait jamais
Ce qui vit dans les cœurs…
 
De moi seulement tu sais
Ce que je t’ai montré,
Et seulement tu connais
Ce que tu en as interprété.
 
Tu me traites à ta façon
Sur cette ligne d’horizon,
Alors que je suis diverse
- Et moi-même je me cherche -
 
Tu crois donc prévoir
- Avec si peu d’indices -
La suite de l’histoire
Où je suis ton actrice.
 
Hélas, c’est impossible,
Mon intérieur n’est pas lisible
Mes humeurs ne sont pas prévisibles,
Il te manque tout l’invisible :
 
Ce que je ne montre à personne
Reste en moi bien fermé,
Il y a le peu que je donne
Et le beaucoup qui est caché…
 
Derrière les frasques :
La pudeur.
Derrière le masque :
La peur.
 
Tu te crois au-dessus
Mais tu es en dessous.
 
Tu n'avais pas prévu
Qu'un jour on saurait tout…
 
Et le masque craquèle :
Ça y est, on peut tout voir.
 
Tu n'étais pas un modèle :
Tout était illusoire.
 
Tu ramasses les morceaux
Pensant faire bonne figure,
Retourne à ton château
T'enfermer dans tes murs.
 
Mais c'est trop tard,
Tu le sais bien :
Tu n'as plus de pouvoir,
Tu n'es plus rien.


mardi 25 novembre 2025

Il est trois heures dans le matin :
On est déjà demain.
 
Je ne dors pas - j’ai faim.
 
La journée n’est pas terminée
Mais c’est déjà la nuit :
Elle ne fait que commencer.
 
Je ne sais plus où on en est,
Je ne sais même plus ce que je fais…
 
Bientôt, j’irai dormir,
Ensuite la nuit va se finir :
 
Et aujourd’hui sera demain
- Mais ce n’est pas certain -
 
Je ne sais plus quoi écrire,
Il n’y a plus rien à dire :
 
Tant pis, je dois partir.
Les monstres n'ont pas de cœur
- C'est bien connu -
Ils se croient les meilleurs
Mais n'ont aucune vertu.
 
Ils volent à leurs victimes
Ce qu'ils voudraient avoir
De l'amour aux centimes :
Tout à leur bon vouloir.
 
Quand arrive une maline
Qui reprend son pouvoir,
Tout s'écroule en ruine :
Ils sont sur le trottoir.
 
Monstres, faites attention :
Toutes dettes se paient
C'est une obligation, 
Au jour des procès
Pour vous : aucune libération.
Dans la toile d’araignée
Ne voyant pas le piège,
Elle s’était abandonnée
Dans les bras du stratège.
 
Se livrant à lui
En complète confiance,
Le prenant pour ami,
Elle était sans défense.
 
Elle était très détruite
- Toute en fragilités -
Voulait se réparer,
Et l’aide était gratuite.
 
Elle ne se méfia pas, alors,
Se confiant donc sans peine,
Donnant tout son accord
Et se sentant sereine.
 
La guérison avançant,
La relation perdait sens :
Son ami la traitant
Avec plus de défiance.
 
A la fin elle comprit :
Qu’il l’aimait brisée,
Qu’ils n’étaient pas amis,
Qu’il l’avait utilisée.
 
C’est ainsi qu’elle le laissa
Sans un regard arrière,
Sans discussion ni débat,
Sans rancune ni colère.
Je suis la fille en résistance
Qui se cache dans les bois,
Je suis cette présence
Que jamais tu ne vois.
 
Ma robe est toute vapeur
Comme tissus de fumée,
M'enveloppe avec douceur :
M'aide à rester cachée.
 
A vivre comme je vis
Au milieu des forêts
Presque sauvage, interdit
- C'est un choix que je fais -
 
Tu ne me vois jamais
Et pourtant je t'espionne,
Je t'observe en secret
Et souvent je questionne :
 
Me demandant ce que ça fait
D'être au milieu du monde,
Dans cette foule en excès
Qui forme comme une ronde.
 
Je crois que j'étoufferais
Si j'étais à cette place :
Je préfère ma forêt
A tous les grands palaces.
 
Je sais que quand tu viens
Tu repars assez vite,
Comme si tu n'aimais rien
De l'endroit où j'habite.
 
Tu retournes à la ville,
Je reste à ma forêt :
Ta vie reprend son fil,
Et la mienne ses projets.
 

lundi 24 novembre 2025

Douceur d’un soir d’automne
Toi et moi enlacés,
 
Nos deux corps qui frissonnent
Nos deux regards croisés,
 
Nos cœurs qui s’abandonnent
Sous la lune glacée,
 
Nos soupirs qui résonnent
Dans la chambre allumée,
 
Et l’amour qui rayonne
De nos corps affamés.
Pieds nus sur la barre
Les yeux bandés,
Marchant à petits pas
Les pieds peu assurés,
Elle avance sans bruit…
 
Autour d’elle : la nuit,
Si noire, profonde, et funèbre
- Et pas seulement derrière ses yeux fermés –
 
Au-dessous d’elle, des ténèbres infinies :
Ce n’est pas le moment de tomber.
 
La seule chose qu’elle sait :
Je dois avancer,
Sans savoir où je vais.
Je dois continuer, même si je tremble,
Ne pas laisser mon cœur s’emballer,
Et enfin rester calme, les deux pieds ensemble.
 
La peur est pour un autre chemin,
Mais pas ce chemin-là
- Ni aujourd’hui, ni demain -
 
Au bout de la barre, quoi ?
Elle ne sait pas…
 
Elle espère un grand champ de blé
Sous une lumière dorée,
Que ses yeux pourraient voir
Et qu’elle pourrait toucher.
 
Elle rêve, derrière ses yeux bandés,
Et continue d’avancer…
 
D’ici quelques pas, elle y sera
Et pourra voir ce qui l’attendait là.
Le mur se montre différent
Chaque fois que tu le regardes :
Il s’affine, change, s’adapte
A tout ce que tu ressens…
 
Tu crois qu'il se dévoile,
Mais c'est toi qu'il observe :
Il soulève le voile
Qu’en dedans tu conserves.
 
Il puise dans ta mémoire
Et voit toutes tes failles,
Il mélange son savoir
- Ajoutant des détails -
Te montrant les couleurs
Que tu as peur de voir…
 
Ses courbes et volutes
Viennent de ton intérieur,
Il voit tout, il scrute,
Et creuse au fond des cœurs.
 
Tu crois tout savoir,
Mais c’est lui qui sait :
Il raconte l’histoire
Qu’au fond de toi tu tais…