dimanche 28 décembre 2025

C’est un cœur douillet
Qui lentement se rebelle,
S’aventure en forêt
Et se désensorcelle.
 
Se découvrant une force
A nulle autre pareille,
Il bombe le torse
Et d’un coup s’émerveille :
 
Je n’ai jamais été
Ce que l’on m’a fait croire,
On m’a dépossédé
De mes plus grands pouvoirs.
 
Je n’étais pas aimé,
On m’a serré trop fort,
On voulait me garder
Sans que je prenne d’essor.
 
Désormais libéré
Je ne reviendrai pas
Dans cette cage dorée
Qui m’avait fait sa proie.
 
 
Déesse au voile noir
Tu caches tes racines,
Mais j’arrive à percevoir
Par-delà tes épines…
 
Ne m’en veux pas
D’être ainsi faite,
Je vois tout au-delà
De ta simple silhouette.
 
Ainsi les artifices
Sur moi n’ont pas d’effet :
Je sais déjà, d’office,
Le moindre des secrets.
 
La seule chose à dire
Concernant ton sujet
Est que ton âme attire
Et inspire le respect.
 
Tu n’es pas aussi noire
Que tu l’aurais souhaité,
Ton voile est accessoire
Pour ne rien révéler.
 
Il est miroir funèbre
D’une belle qualité,
Évoquant les ténèbres
Pour mieux les repousser.
Tu ne le crois pas encore
- De là où tu es tu vois le pire -
Et souvent dans ces cas on ignore
Que la lumière va revenir.
 
Un matin tu verras l’aurore
- Déjà toute prête à t’éblouir -
Éclairer le sombre corridor
D’où tu ne pouvais sortir.
 
Ce petit jour - comme un trésor -
Te fera presque tressaillir :
Tu n’attendais que la mort
Mais rien qui puisse t’ébahir.
 
Tu ne le crois pas encore
- Et il n’y a rien à redire –
Mais quand tu seras près d’éclore
La lumière va rejaillir.
Alors que tu entends
- Très tard dans la nuit -
Des drôles de frôlements
Et puis encore des cris,
Ton esprit en déroute
Reste tout à l’écoute
- Mais ton cœur s’accélère
Et tu perds tes repères… -
 
Tu te poses des questions
Et gardes la logique,
Tu observes l’action
De manière scientifique :
Les monstres n’existent pas
Sauf dans les histoires
Tout va bien, rendors-toi
Dis-tu, avec espoir.
 
Mais les monstres sont là
Tu ne les avais pas vus :
Ils s’approchent de toi
Dans le noir absolu...
 
Réveille-toi, il est tard,
- Mais il est encore temps -
Le rêve est un cauchemar :
Plus possible de faire semblant.
On échappe parfois
A de très grands dangers,
Sans savoir pourquoi
On était menacé.
 
Les mauvaises personnes
Font semblant d’être bonnes :
Le monde est renversé
On ne peut plus se fier.
 
Et même quand on croit
Avoir compris les jeux,
On en trouve, pantois,
De nouveaux plus odieux.
 
Rester seul dans son coin
Devient l’unique moyen
D’être loin des abus
Et plus jamais déçu.

samedi 27 décembre 2025

J’irai vers mon bonheur
Que tu le veuilles ou non ;
Je fuirai les malheurs
A toutes les occasions.
 
J’apprendrai ma valeur
Sans laisser mes relations
Se croire supérieures
En descendant ma position.
 
Je garderai mes honneurs,
Suivrai mes propres traditions,
Sans gagner les faveurs
En jouant de contradictions.
 
J’atteindrai la grandeur
Sans aucune compétition :
Que gagne le meilleur
Ou bien tous en union.
 
J’irai vers mon bonheur
Que tu le veuilles ou non ;
Tu me suis en spectateur
Ou tu passes à l’action.
 
Au début de l’hiver
J’avais gratté la terre,
Afin d’y enterrer
Les tourments du passé.
 
Ils dorment à présent
Sous un sol gelé,
Pourriront doucement
Pour ne plus me hanter.
 
Ainsi débutera
Une nouvelle année,
Sans les chaînes ni les poids
Qui me gardaient blessée.
 
Je salue ce tombeau
Chaque jour et chaque nuit,
Enveloppée d’un manteau,
Éclairée d’une bougie.
 
Il me reste en souvenir
Quelques rares cicatrices
Mais elles vont s’adoucir,
Devenir protectrices.

vendredi 26 décembre 2025

Tout est souvenir…
 
La douceur d’un feu
La tendresse d’un sourire ;
 
Ton regard lumineux
Qui me fait frémir ;
 
Quand nous jouons à ces jeux
Qui nous font beaucoup rire…
 
Tout est souvenir.
 
Les caresses d’amoureux
Qui m’empêchent de dormir ;
 
Ce foyer harmonieux
Qu’on aime à entretenir ;
 
La vie qu’on mène à deux,
Cette folie qu’on respire :
 
Des souvenirs nombreux 
Qu’on garde et qu’on admire.
 
En ces jours difficiles
J’ai repensé à toi,
A nos disputes stériles
Et puis mon désarroi…
 
Nous étions différents
Maintenant je le sais,
Rien qui semble important
- Mais en fait ça l’était -
 
J’essaie de m'agrandir,
Tu me rapetissais.
J’ai le monde à découvrir,
Mais toi, tout t’ennuyait.
 
Il a fallu décider
- Avec tant de regrets -
Entre partir ou rester :
Ce genre de choix qu’on fait...
 
J’ai cru te voir un jour
Au croisement d’une rue,
Tu marchais par détours
Sans avoir aucun but.
 
J’ai repensé à toi
Mais sans savoir pourquoi :
Si tu n'as pas changé 
Je n'ai rien à pleurer.
 
J’ai des choses à venir,
D'autres encore à rêver,
Je vole vers mon avenir
- Tu restes dans ton passé -
Cessez la mascarade :
La fête est bien finie.
Vous jouez les camarades
Et tenez compagnie,
Mais derrière la parade
Nous restons des ennemis.
 
Ne jouons plus à ces jeux,
C'est de la mesquinerie.
On peut faire bien mieux
Que cette hypocrisie,
Et les discours creux
N'apportent rien au récit...
 
Ainsi, soyez honnêtes,
Et faites une belle sortie,
Assumez vos défaites
- Vos mensonges aussi - 
Vous avez fait la fête
En cachant vos fusils…
 
On m’a cru aveuglée
Mais j’ai vu le mépris,
J’essayais d’apaiser
Et c’était pure folie…
Votre seule volonté :
Rejouer les tragédies.
 
Mais moi j’aime la paix
Et jamais ne vous suis,
Aucun de mes projets
N’est fait de mesquinerie.
C’est sans aucun regret
Que je vous quitte ici.

jeudi 25 décembre 2025

Parfois les au-revoir
Devraient être des adieux,
Mais on fait semblant d’y croire
Et l’on s’attarde un peu…
 
On reste, on attend
- Prolongeant les instants -
Alors que la magie
Est déjà bien finie.
 
Il y a cette impression
De s’accrocher trop fort,
De vouloir dire non
Et n'être pas d’accord…
 
Mais tout a une fin
- Et les bonnes choses d’abord -
Même si c’est soudain
Et qu’on veut rester encore.
 
Parfois les au-revoir
Sont en fait des adieux,
Ne t’attarde pas dans l’espoir
Que l’étincelle devienne un feu.
Tout comme la lune,
Je fonctionne par phases.
Cachée derrière la brume
Je suis un peu sauvage…
 
Chaque mois différente
Il faut me deviner,
Les manières changeantes :
Je suis dure à cerner.
 
Et moi aussi souvent
- Tout de rouge brillante -
J’annonce les changements
De ma lumière croissante.
 
Des années décisives
Me font renaître parfois,
D’une manière explosive :
Nouvel an, nouvelle moi !
 

mercredi 24 décembre 2025

C’était une journée sombre,
Au loin criaient les ombres :
Elles venaient me trouver
Pour ensuite m’emmener.
 
J’étais seule et sans arme
Pour protéger mon âme,
Mais je me suis défendue :
Elles sont parties vaincues.
 
Vous avez des questions
- Je le sens, je le sais -
Vous voulez ma version :
Savoir comment j’ai fait…
 
C’est que, mes ombres à moi
Je les connaissais bien,
Pour les avoir déjà
Battues à coups de poing :
 
J’ai libéré mon cœur
De toutes ses noirceurs,
Il n’y reste qu’une lumière
Aveuglante et sévère.
 
Ainsi donc, les monstres
Ont la rétine brûlée,
Et plus jamais les ombres
Ne viendront me traquer.
J’ai écouté le vent
Dans le murmure des feuilles,
Le son était un chant
De tristesse et de deuil.
 
Il transportait les mots
D’un très lointain pays,
Dont pourtant les échos
M’arrivaient jusqu’ici.
 
J’ai chanté en réponse
Des paroles apaisantes
Pour que le vent les prononce
Et adoucisse la tourmente.
 
Le lendemain matin
Le vent avait cessé,
Le temps devenu serein
Semblait me remercier.
 

mardi 23 décembre 2025

Ses petits poings serrés
Ont très peu à garder :
Des bouts ou des fragments
- Que le plus important -
 
Ils restent bien fermés
Pour pas laisser tomber
- Ses trésors comme des oiseaux -
- Ses poings comme des œufs clos -
 
La vie tient à presque rien
- C’est quelque chose qu’elle sait -
Mais la vie tient dans ses mains
- Cela lui apporte la paix -
 
Un jour, je l’ai vue ouvrir :
Elle m’a montré ses secrets,
J’ai eu un arc-en-ciel de sourires
Et j’ai compris pourquoi elle cachait…
 
Toute chose ne doit pas être vue
- Même si vous désirez savoir -
Et tout ne doit pas être su
- Même si vous désirez voir –
 
Moi aussi, maintenant,
Mes mains serrent des choses
Que je cache à tous les gens
- Et dont moi seule dispose -
 
Regarde comme elle danse,
Les pieds nus sur le sol,
Ses hanches qui balancent :
On dirait qu'elle s'envole.
 
Ses yeux restent fermés
Pour s’accorder au rythme,
Son corps semble léger
- L’image est féérique -
 
Tout autour se répand
Une chaleur intense,
Son parfum entêtant :
La force de sa présence.
 
Elle bouleverse les êtres
Et réchauffe les esprits,
Quand on la voit paraître
Les tristesses s’enfuient.
 
A trop la regarder
On s’aveuglerait presque :
On reste hypnotisé,
Tout renversé d’ivresse…
 
Son nom est inconnu
- Son apparence énigmatique -
Ses apparitions impromptues
Rendent nos nuits magiques.
Son cœur a perdu ses feuilles
- Elles sont tombées par orgueil -
Et dans le froid de l’hiver,
Par la neige est recouvert…
 
Les vents de printemps - peut-être -
Lui redonneront vigueur
Et feront de nouveau naître
Quelques très jolies fleurs.
 
Mais il est tout perdu
Et noyé dans ses larmes :
Il n’a plus aucun but,
Ne joue plus de ses charmes.
 
Il a vu d’autres cœurs
Fleurir en toute saison,
Et voit avec horreur
Le sien perdre raison.
 
S’enfermant au foyer
Et restant près du feu,
Il tente de résister
A ce froid dangereux.
 
Mais ses yeux encore pleurent
- Et il ne sait comment -
Longues seront les heures
Qui mènent au printemps…
 

lundi 22 décembre 2025

Aux terribles torrents
J’ai laissé la rivière
M’emporter au courant
- Et me laisser amer -
 
Le flot m’a combattu
- Je ne voulais pas gagner -
J’avais bien trop vécu,
Je ne pouvais plus rester.
 
A force de désespoir
Les tourments m’épuisaient,
Je perdais ma mémoire
Dans de nombreux excès.
 
Mon âme si légère
S’est déjà envolée,
Jolie brume éphémère
- Vous l’avez vue passer -
 
Si vous trouvez ma trace,
Ne la suivez jamais :
Vous finirez à ma place
- Et accablé de regrets -