Avec
un geste délicat, elle a posé son cœur sur la table, l'a découpé en fines
tranches, puis a retiré les épines qui y étaient plantées.
Une
à une.
Il
y en avait beaucoup.
Quand
cela fut fait, elle entreprit de recoudre, avec une petite aiguille, et un joli
fil rouge.
A
la fin, elle remit son cœur en place, et il recommença à battre comme si de rien
était.
C'est
ainsi qu'elle racontera l'histoire, si vous la lui demandez.
Elle
ne parlera pas de la douleur à chaque part tranchée, ou chaque épine retirée.
Elle
ne dira jamais le mal que cela lui a fait, d'abord quand son cœur a été massacré
par d’autres, puis ensuite par elle-même pour l’opération.
Elle
ne vous parlera pas des cicatrices qu'elle sent encore à chaque battement.
Ni
des larmes qui coulent parfois, au seul souvenir de ce qu'elle a enduré.
Elle
ne dira rien de tout cela, bien sûr.
Et
ce ne sera pas par fierté : mais simplement parce qu'elle n'y verra aucun
intérêt de l'aborder.
Elle
a survécu, c'est bien tout l'essentiel.
Pour
elle, en tout cas.
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