samedi 22 novembre 2025

Avec un geste délicat, elle a posé son cœur sur la table, l'a découpé en fines tranches, puis a retiré les épines qui y étaient plantées.
 
Une à une.
 
Il y en avait beaucoup.
 
Quand cela fut fait, elle entreprit de recoudre, avec une petite aiguille, et un joli fil rouge.
A la fin, elle remit son cœur en place, et il recommença à battre comme si de rien était.
 
C'est ainsi qu'elle racontera l'histoire, si vous la lui demandez.
 
Elle ne parlera pas de la douleur à chaque part tranchée, ou chaque épine retirée.
 
Elle ne dira jamais le mal que cela lui a fait, d'abord quand son cœur a été massacré par d’autres, puis ensuite par elle-même pour l’opération.
 
Elle ne vous parlera pas des cicatrices qu'elle sent encore à chaque battement.
Ni des larmes qui coulent parfois, au seul souvenir de ce qu'elle a enduré.
 
Elle ne dira rien de tout cela, bien sûr.
Et ce ne sera pas par fierté : mais simplement parce qu'elle n'y verra aucun intérêt de l'aborder.
 
Elle a survécu, c'est bien tout l'essentiel.
Pour elle, en tout cas.

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