Mille
morceaux de papier jetés par la fenêtre.
Milliers
de mots jamais dits, jetés au caniveau…
Comme
je passais par là, j’en ai pris quelques uns :
Les
mots essayaient de parler, mais ils ne disaient rien.
Ils
étaient tristes, vains, vidés de leur essence.
Je
les ai laissés, alors.
La
pluie tombait, les papiers se mouillaient.
Les
mots s’effaçaient.
Leur
importance n’était que pour leur destinataire.
Et il a été jugé qu’il ne les lirait
pas.
J’aurais
pu essayer de les sauver.
Mais ce n’était pas mon rôle :
Il
y a des aventures où je n’ai pas ma place.
Que
sait-on de l’histoire des mots qui voyagent et s’effacent ?
De
ce qui a été dit, mais ne sera jamais lu ?
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